Depuis quelques années, les substances alkylperfluorées et polyfluorées (PFAS) font l’objet d’une attention accrue de la part des autorités réglementaires et du grand public. Cela s’explique par leur stabilité chimique et leur persistance particulières, c’est-à-dire leur très faible dégradabilité dans l’environnement et les organismes. Tant dans l’Union européenne qu’en Suisse, les PFAS font l’objet d’une réglementation progressive ; parallèlement, de nombreuses entreprises réexaminent leurs stratégies en matière de matériaux et de revêtements.

Dans le domaine des revêtements industriels, le débat porte notamment sur les systèmes polymères fluorés, qui sont techniquement bien établis en raison de leurs propriétés antiadhésives, lubrifiantes et de résistance. Parallèlement, l’intérêt pour des alternatives sans PFAS, mais répondant néanmoins aux exigences spécifiques des applications, ne cesse de croître.

Cette page propose une analyse factuelle : que sont les PFAS ? Quel rôle jouent-ils dans les revêtements ? Quelles sont les évolutions réglementaires pertinentes ? Et quelles sont les pistes techniques pour des solutions sans PFAS ?

Que sont les PFAS et pourquoi font-ils actuellement l’objet d’une telle attention ?

Les PFAS (substances alkylées per- et polyfluorées) désignent un vaste groupe de composés organiques synthétiques contenant au moins un groupe carboné entièrement fluoré (par exemple –CF₂– ou –CF₃). Des comités d’experts internationaux tels que l’OCDE décrivent les PFAS comme un groupe de substances comprenant plusieurs milliers de composés distincts, qui diffèrent par leur structure, leur taille moléculaire et leurs propriétés.

De nombreux PFAS se caractérisent par une liaison carbone-fluor très stable. Celle-ci compte parmi les liaisons les plus fortes de la chimie organique et confère à ces

substances une grande résistance thermique et chimique. Cette stabilité est souvent recherchée sur le plan technique, mais elle a pour conséquence que de nombreux PFAS ne se dégradent que très lentement, voire pratiquement pas du tout, dans l’environnement.

Il est important de noter que les PFAS ne constituent pas une substance unique, mais un groupe hétérogène de substances. Les évaluations réglementaires et les restrictions sont donc tout aussi différenciées.

Pourquoi les PFAS sont-ils considérés comme critiques ?

Le débat actuel se concentre principalement sur trois aspects :

  1. Persistance : de nombreux PFAS ont une durée de vie extrêmement longue et s’accumulent dans les compartiments environnementaux.
  2. Mobilité : certains composés sont solubles dans l’eau et peuvent se propager sur de longues distances.
  3. Évaluation sanitaire de substances individuelles : pour certains PFAS (par exemple, certains acides perfluorocarboxyliques à longue chaîne), des évaluations toxicologiques ont été réalisées, qui ont conduit à la fixation de valeurs limites ou à des interdictions.

Au niveau réglementaire, on se concentre donc de plus en plus non seulement sur des substances individuelles, mais aussi sur des groupes de substances plus larges. Au sein de l’UE, une procédure de restriction globale est en cours dans le cadre du règlement REACH. Parallèlement, il existe déjà des interdictions et des valeurs limites spécifiques pour certains PFAS ou sous-groupes. La Suisse a également inscrit des dispositions correspondantes dans l’ordonnance sur la réduction des risques liés aux produits chimiques (ORRChim).

Pour les entreprises, cela signifie que le paysage réglementaire est en pleine évolution. Les choix de matériaux sont de plus en plus évalués sous l’angle de la sécurité juridique à long terme et de la possibilité de substitution.

Les PFAS dans les revêtements : les enjeux techniques

Les polymères fluorés tels que le PTFE, le FEP ou le PFA sont utilisés depuis des décennies dans les revêtements industriels. Ils sont appliqués, selon le système, sous forme de peinture liquide ou de revêtement en poudre.

L’intérêt technique de ces systèmes repose principalement sur les propriétés suivantes :

  • Très faible énergie de surface → faible adhérence (effet antiadhésif)
  • Faible coefficient de frottement → meilleure glissance
  • Haute résistance chimique face à de nombreux milieux
  • Résistance à la température en usage industriel
  • Bonne nettoyabilité dans les applications proches des processus

Ces propriétés sont directement liées à la structure des chaînes de carbone fluorées. La forte liaison C–F confère aux matériaux une stabilité et une inertie marquées.

Dans certains secteurs – tels que l’agroalimentaire, la construction mécanique ou la chimie – ces revêtements se sont donc imposés sur le plan technique. Leur adéquation dépend toutefois toujours de l’application et est liée à des paramètres d’exploitation concrets (température, milieu, contrainte mécanique, cycles de nettoyage).

Que signifie « sans PFAS » dans le contexte des revêtements ?

Le terme « sans PFAS » n’est pas un terme technique normalisé de manière uniforme. Dans la pratique, il peut recouvrir différentes interprétations :

  • Aucune utilisation intentionnelle de PFAS dans la formulation
  • Exempt de certaines substances individuelles réglementées (par exemple, des sous-groupes définis)
  • Non détectable par analyse jusqu’à une certaine limite de quantification
  • Absence de polymères fluorés au sens strict

La définition retenue dépend du contexte réglementaire, des spécifications du client ainsi que des méthodes d’essai et de détection. Une affirmation générale sans référence à des valeurs limites, à des listes de substances ou à des procédures d’essai n’est pas techniquement valable.

Pour l’évaluation d’un revêtement, les éléments suivants sont donc déterminants :

  • Quelle définition de la substance est appliquée ?
  • Quelles sont les valeurs limites ou les objectifs applicables ?
  • Quelles méthodes d’analyse sont utilisées ?

Ce n’est que sur cette base qu’il est possible d’évaluer de manière transparente si un système peut être classé comme « sans PFAS ».

Réglementation et tendances du marché : ce que les entreprises doivent savoir

Le débat sur les PFAS n’est plus depuis longtemps un sujet exclusivement lié à la politique environnementale, mais influence les décisions stratégiques en matière de matériaux et de revêtements dans les entreprises industrielles. Les initiatives réglementaires au sein de l’UE et en Suisse, l’évolution des exigences des clients ainsi que les exigences croissantes en matière de transparence tout au long de la chaîne d’approvisionnement conduisent à un contrôle accru des applications liées aux PFAS. Pour les entreprises, cela soulève non seulement la question de l’adéquation technique, mais aussi celle de la conformité à long terme et de la sécurité de planification.

Évolutions au sein de l’UE dans le cadre de REACH

Au sein de l’Union européenne, les PFAS sont évalués dans le cadre du règlement REACH (enregistrement, évaluation, autorisation et restriction des substances chimiques). Outre les restrictions individuelles déjà en vigueur pour certaines substances ou sous-groupes, une restriction globale par groupe est actuellement à l’étude.

L’objectif de cette approche est non seulement de réglementer certaines substances problématiques, mais aussi de recenser systématiquement des groupes de substances plus larges. En effet, les interdictions portant uniquement sur des substances individuelles ont souvent conduit à l’utilisation de substances structurellement similaires comme substituts (« substitution regrettable »).

Parallèlement, il existe déjà des réglementations spécifiques, par exemple concernant certains acides perfluorocarboxyliques ou les PFAS dans des applications définies. La mise en œuvre s’accompagne généralement de délais de transition afin de permettre aux industries de s’adapter.

Pour les entreprises, cela signifie :

  • une analyse précoce des substances utilisées
  • Évaluation des risques réglementaires à long terme
  • Examen des stratégies de substitution possibles
  • Documentation de la conformité des substances tout au long de la chaîne d’approvisionnement

Les évaluations juridiques détaillées doivent toujours être réalisées en collaboration avec des services spécialisés qualifiés.

Suisse : ORRChim et réglementations nationales

En Suisse, les PFAS sont réglementés par l’ordonnance sur la réduction des risques liés aux produits chimiques (ORRChim). Là aussi, des interdictions et des valeurs limites existent déjà pour certains sous-groupes, par exemple pour certains acides perfluorocarboxyliques à longue chaîne et leurs précurseurs.

Les réglementations suisses s’inspirent largement des développements européens, mais sont mises en œuvre de manière autonome. Pour les entreprises actives à l’international, il est donc judicieux d’examiner parallèlement ces deux cadres juridiques.

Qu’est-ce que cela signifie pour les revêtements industriels ?

L’évolution réglementaire conduit à une évaluation de plus en plus stratégique des choix de matériaux. Outre les critères purement techniques, les aspects suivants gagnent en importance :

  • Disponibilité à long terme des matières premières
  • Conformité aux futures restrictions sur les substances
  • Possibilité de fournir des justificatifs aux clients et aux autorités
  • Exigences en matière de durabilité et de conformité

Le choix ou la substitution d’un système de revêtement n’est donc pas seulement une décision technique, mais aussi une décision réglementaire et économique.

Alternatives sans PFAS : pistes d’approche et compromis typiques

La substitution des systèmes de revêtement fluorés est techniquement possible, mais dépend toujours de l’application. Les alternatives sans PFAS doivent répondre à des exigences spécifiques en matière de résistance à la température, de résistance chimique, de résistance à l’abrasion ou d’effet antiadhésif. Il n’existe pas de substitut générique ; il convient plutôt d’examiner différentes classes de matériaux.

Systèmes sol-gel et de type céramique

Les revêtements sol-gel sont basés sur des réseaux inorganiques, utilisant souvent des structures de dioxyde de silicium. Ils sont appliqués par un procédé de peinture humide et forment des couches minces et dures.

Propriétés typiques :

  • Bonne dureté de surface
  • Haute résistance à l’abrasion
  • Résistance à des températures moyennes à élevées
  • Effet antiadhésif parfois satisfaisant

Par rapport aux systèmes à base de polymères fluorés, la résistance chimique ou la durabilité de l’effet antiadhésif peuvent varier en fonction de l’application. L’épaisseur de la couche et la possibilité de réparation doivent également être prises en compte.

Systèmes à base de silicone

Les revêtements à base de silicone sont utilisés dans certaines applications où des surfaces souples et stables en température sont requises. Ils peuvent présenter des propriétés antiadhésives, mais n’atteignent pas nécessairement les coefficients de frottement extrêmement bas des systèmes fluorés.

Caractéristiques possibles :

  • Bonne résistance à la température
  • Surfaces élastiques
  • Résistance à certains milieux

Des restrictions peuvent s’appliquer en fonction de la contrainte mécanique ou de l’exposition chimique.

Autres polymères haute performance non fluorés

Outre les systèmes sol-gel ou silicone, d’autres revêtements à base de polymères peuvent également être envisagés en fonction des exigences. Il convient notamment de vérifier les points suivants :

  • Résistance mécanique
  • Exposition prolongée à la température
  • Contact avec des fluides (par ex. alcalis, acides, solvants)
  • Cycles de nettoyage et conditions de processus

Dans la pratique, une simple substitution de matériau sans adaptation de l’ensemble du système ne conduit souvent pas au résultat souhaité. Dans de nombreux cas, des adaptations de conception, des optimisations de processus ou des modifications des intervalles de maintenance font partie de la solution.

Comment évaluer systématiquement les alternatives

Pour choisir un revêtement sans PFAS, il est recommandé de procéder à une analyse structurée des exigences. Les critères d’évaluation essentiels sont les suivants :

  • Températures maximales en continu et en crête
  • Nature et concentration des fluides en contact
  • Contraintes mécaniques (abrasion, chocs, pression)
  • Exigences en matière d’hygiène ou de nettoyage
  • Durée de vie prévue et stratégie de maintenance

Ce n’est que sur cette base qu’il est possible d’évaluer si une solution sans PFAS est techniquement et économiquement viable.

Qu’est-ce que cela signifie pour votre application ?

La décision d’opter ou non pour un système de revêtement contenant des PFAS n’est pas une simple question réglementaire. Elle concerne directement la fonction technique, la sécurité des processus et la durée de vie d’une application. Parallèlement, les exigences

en matière de transparence et de traçabilité tout au long de la chaîne d’approvisionnement augmentent.

Avant d’envisager une substitution, il convient donc de clarifier systématiquement les conditions-cadres essentielles.

Questions clés pour la clarification des exigences

Une analyse structurée comprend notamment les points suivants :

  • Quelles sont les températures maximales en service continu et les températures de pointe atteintes en fonctionnement ?
  • Avec quels fluides (par exemple, acides, bases, graisses, solvants) la surface entre-t-elle en contact ?
  • Quelles contraintes mécaniques faut-il prévoir (abrasion, pression, chocs) ?
  • Quelles méthodes de nettoyage sont utilisées (par exemple, vapeur, produits chimiques, haute pression) ?
  • Quelle est la durée de vie attendue et quelle stratégie de maintenance est prévue ?
  • Existe-t-il des exigences réglementaires ou spécifiques du client concernant l’absence de certaines substances ?

Ces paramètres déterminent de manière décisive si une alternative sans PFAS est techniquement appropriée ou si des adaptations du système global sont nécessaires.

Documentation et traçabilité

Quelle que soit la solution choisie, la transparence de la documentation revêt une importance croissante. Cela comprend notamment :

  • les fiches techniques des matériaux et les informations du fabricant
  • Déclarations de conformité conformément aux réglementations applicables en matière de substances
  • Résultats des essais de résistance à la température, aux produits chimiques ou à l’abrasion
  • Informations sur la composition dans le cadre des obligations légales de divulgation

Seule la combinaison d’essais techniques et d’évaluations réglementaires permet d’établir une base décisionnelle solide.

Vous hésitez encore ?

FAQ – Questions fréquentes sur les revêtements sans PFAS

Que signifie exactement « sans PFAS » ?

Ce terme n’est pas normalisé de manière uniforme. Selon le contexte, il peut signifier : aucune utilisation intentionnelle de PFAS, aucune utilisation de certains sous-groupes réglementés ou aucune teneur analytiquement détectable supérieure à des valeurs limites définies. La définition sous-jacente doit toujours être clairement indiquée.

Les polymères fluorés tels que le PTFE sont-ils automatiquement des PFAS ?

Selon des définitions larges utilisées à l’échelle internationale (par exemple celles de l’OCDE), les polymères fluorés tels que le PTFE relèvent également de la catégorie générale des PFAS. Les évaluations réglementaires font toutefois la distinction entre les différentes substances, sous-groupes et domaines d’application.

Les PFAS sont-ils généralement interdits dans les revêtements ?

Non. Il existe déjà des interdictions et des valeurs limites pour certains PFAS ou certaines applications. Une restriction globale applicable à ce groupe est à l’étude au niveau de l’UE. La situation réglementaire est dynamique et dépend des applications.

Existe-t-il des alternatives sans PFAS techniquement équivalentes ?

Cela dépend fortement de l’application. Pour certains domaines d’utilisation, des systèmes sans PFAS, tels que les revêtements à base de sol-gel ou de silicone, sont disponibles. On ne peut toutefois pas supposer une équivalence générale ; des propriétés telles que la résistance aux produits chimiques ou la stabilité à long terme doivent être vérifiées au cas par cas.

« Sans PFAS » est-il automatiquement synonyme de plus durable ?

Pas nécessairement. L’évaluation de la durabilité tient compte de plusieurs facteurs, tels que la durée de vie, les cycles de maintenance, la consommation d’énergie et l’efficacité globale du système. Une analyse approfondie nécessite une étude spécifique à l’application.

Buser propose-t-il déjà des revêtements sans PFAS ?

La société Buser AG propose également des alternatives de revêtement sans PFAS. Nous sommes à votre disposition à tout moment pour vous conseiller individuellement sur la faisabilité technique et les développements possibles.